Séoul, le 22 juillet 2026Depuis le 24 juin, Lee Man-hee, 95 ans, à la tête du mouvement Shincheonji, reste privé de liberté en Corée du Sud, en attente de son jugement pour des faits présumés liés à la réglementation des partis politiques. Aucune violence n’est reprochée dans cette affaire.De son côté, Shincheonji rejette les accusations, indiquant que ses membres se sont engagés librement et que son président a pleinement collaboré à l’enquête menée par les autorités.Alors qu’aucune condamnation n’a été prononcée et malgré son grand âge et sa fragilité, il demeure emprisonné. Pour de nombreux observateurs, cette situation résulterait davantage de son influence en tant que responsable religieux que de la nature des faits eux-mêmes.Une mesure disproportionnée ?Le débat porte sur un point précis : détenir un homme de 95 ans, non violent et coopératif, respecte-t-il les critères de nécessité, de proportionnalité et de dignité posés par les Règles Mandela de l’ONU ? Plusieurs spécialistes de la liberté religieuse jugent que la Corée du Sud devrait revoir cette décision au regard de ses engagements internationaux.Des réactions venues de l’étrangerEn Italie, le sociologue des religions Massimo Introvigne a exprimé son malaise après que le ministre sud-coréen de la Justice a appelé, dès l’ouverture de la procédure, à une réponse pénale sévère. Selon lui, une telle prise de parole publique laisse craindre un jugement déjà tranché, ce qui nuit à la perception de l’indépendance des tribunaux. Il a évoqué une atteinte portée à l’image démocratique du pays.Plus qu’un simple cas individuelCette procédure s’inscrit dans un climat de tensions prolongées autour de Shincheonji, communauté chrétienne en forte croissance qui rencontre depuis longtemps une opposition marquée en Corée du Sud. Ses représentants dénoncent une stigmatisation continue, qu’ils jugent préjudiciable à leur droit à un procès équitable – une problématique qui touche plus largement à l’égalité de traitement des minorités religieuses devant la justice.Ce que cette affaire révèle sur l’état de la démocratieAu-delà du verdict à venir, c’est la manière dont un État démocratique traite un prévenu âgé issu d’une minorité religieuse qui préoccupe la communauté internationale. Plusieurs principes structurants sont concernés : présomption d’innocence, indépendance judiciaire, proportionnalité de la détention et liberté de culte.Shincheonji Église de Jésus invite les organisations internationales de défense des droits humains, les juristes, les chercheurs, les institutions vouées à la liberté religieuse et les médias à suivre de près le déroulement de cette affaire.Quel que soit le résultat du procès, ces garanties fondamentales doivent bénéficier à tous, sans exception, y compris aux minorités religieuses.Visiter le site de ShincheonjiArticle de Massimo Introvigne
Cette situation soulève inévitablement la question des droits fondamentaux posée par de nombreux observateurs.
